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 La lettre du Saint Empire

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Zachary Moonlight
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MessageSujet: La lettre du Saint Empire   Mar 16 Mar - 0:51

Chevalier Zachary Moonlight,

J’ai l’immense chagrin de vous annoncer la mort de votre épouse, dame Mary Moonlight, en l’hôpital Sainte-Foi-des-Martyrs. Elle a succombée à sa maladie a très exactement douze heures et onze minutes, en ce premier samedi de mars, sans une dernière parole. N’ayant pas donné de dernières volonté et n’étant d’aucune croyance, elle sera mise en terre le lendemain, sans cérémonie religieuse.

Nous vous offrons nos plus sincères condoléances et nous vous souhaitons force et courage dans cet instant difficile. Que vos affaires soient bonnes et ne s’affectent pas de cette faible perte.
Le directeur de Sainte-Foi-des-Martyrs


*~*

Il pleuvait. Un rideau flou, gris et froid martelant le sol, les vitres et le toit de l’auberge. Des cordes et des cordes d’eau, gouttant des mansardes et s’amoncelant dans les rues en flaques troubles et boueuses. Le soleil invisible se levait à peine derrière les nuages, colorant le ciel de couleurs inaccessibles à l’œil. Il était encore tôt, de cette heure où le peuple sommeil encore entre le rêve et le réveil. Le chevalier n’avait pas dormit, et n’avait même pas essayé. Il avait vu l’averse arriver à l’horizon bien avant qu’elle ne se déchaîne, et l’avait attendue sans fermer les yeux, observant de longues heures durant les gouttes glisser et perler sur la fenêtre embuée. C’était un spectacle fascinant, visuel comme auditif, qui l’avait plongé dans un état paisiblement pensif. Toute la nuit, il était resté assis sur sa couche sans en défaire les draps, le regard rivé à l’extérieur, ne se levant que pour rajouter une buche dans l’âtre crépitant. La lumière chaude et dansante du feu projetait l’ombre de sa silhouette contre le mur de bois sentant bon le cèdre, éclairant une pièce simple, mais dégageant une atmosphère confortable et apaisante. Une auberge vite devenue son pied a terre au Royaume de Gaïa, n’ayant jamais songé à s’acheter une propriété et ne le désirant pas. Inévitablement, le lit contenait des tiques, mais qu’importe? Il en était toujours ressortit reposé de corps autant que d’esprit. Et surtout, le matelas était assez grand pour permettre à Lee de dormir avec lui.

Elle avait douze ans, son visage rond et enfantin détendu dans son sommeil, ses cheveux roux et courts éparpillés sur l’oreiller, des mèches rebelles tombant sur son front et ses joues tatouées de rayures orange. Elle lui avait expliqué que ces dessins étaient pour réveiller en elle son totem, le chat guerrier. Une des nombreuses croyances de l’Empire de Lumière, inconnues pour la plupart de Zachary, mais cette facette de Wildcatt l’avait charmé. Maintenant elle dormait profondément, ses grands yeux bleus délicatement clos, sa bouche entrouverte et son petit corps de poupée se soulevant doucement au rythme de sa respiration. Recroquevillée sous les draps en position fœtal, elle se lovait inconsciemment contre son mentor argenté, recherchant une source de chaleur. Elle était de parents britanniens, des marchands nationalistes comme les Moonlights, mais elle était née et avait grandit en terre de Lumière. Peut-être était-ce la raison de son froid avec ses géniteurs. Ils avaient mal toléré qu’elle adopte aussi facilement les valeurs de son pays d’adoption. Zachary se souvenait de leur première rencontre, alors qu’elle recherchait désespérément un chevalier pour la prendre comme écuyer. Personne ne voulait. Trop fougueuse, impatiente, voir carrément irrespectueuse envers ses supérieurs. Mais Zachary avait vu en elle un brasier de passion et un potentiel inimaginable. Il l’avait pris sous son aile. Peut-être aussi parce qu’elle lui rappelait un peu lui, à l’époque où il avait encore des rêves.

Lee avait quelque chose d’unique, bestial, comme un chat sauvage qu’il fallait apprivoiser avec patience et douceur. Elle avait l’exotisme des croyances de son pays, traînant avec elle ses superstitions, ses démons et ses bons esprits, sa manière de combattre à la seule force de ses poings et de ses pieds. Elle appelait cela de l’art martial, et affirmait avec défi être plus efficace à main nue qu’avec n’importe quelle arme. Elle avait raison, d’ailleurs. Elle le lui avait prouvé. Lee n’était pas vraiment irrespectueuse, plutôt familière, quelque chose qu’on ne tolérait habituellement pas dans la chevalerie, surtout venant d’une jeune fille. Elle agissait avec son mentor comme l’on agissait avec un grand frère, l’insultant sans vraiment le penser, le taquinant et lui tirant la langue, boudant et rouspétant. Mais pourtant, elle était la première à s’inquiéter quand il se perdait un peu trop longtemps dans ses souvenirs, la première a réclamer un câlin et à l’embrasser chastement sur la joue, la première a piquer une crise si elle ne pouvait pas dormir contre lui. Pour ce dernier point, il avait finit par découvrir qu’elle craignait la noirceur comme la peste, effrayée par toutes ces âmes maléfiques qui s’y cacheraient. Mais évidemment, elle était trop fière pour l’avouer.

Un mouvement sous les draps. Des yeux verts se détournant de la fenêtre pour rencontrer deux grands orbes azurés.
" Bonjour. "
" ‘lut. "
" Bien dormit? "
" Hm, ouais… "
La fillette s’étira dans un grondement satisfait et s’arracha de son cocon de confort. Son ample chemise de nuit dévoila un court instant ses cuisses blanches et musclées, couvertes de piqures de tiques, alors qu’elle se hissait sur ses pieds nus et délicats. Sans un mot de plus, elle se retira dans la salle d’eau jouxtant leur chambre. Une journée de routine. Zachary reporta son attention sur la pluie battant au dehors, et qui semblait ne pas vouloir cesser pour la journée. Peut-être serait-ce un bon entraînement de combattre sous la pluie, histoire de pratiquer ses réflexes en terrain accidenté et à visibilité réduite. Dans la salle de bain, la pompe rudimentaire fut actionnée à grands bruits de succion et d’engrenages grinçants. Le temps de prendre son bain, de s’habiller et de coiffer ses cheveux rebelles, Lee en avait pour un bon quart d’heure. Il en profita pour s’étendre, croisant ses bras derrière sa tête et fixant le plafond. Il eut une pensée pour Mary, paralysée dans son lit d’hôpital miteux, attendant son retour depuis maintenant cinq ans. Comme il aurait aimé qu’elle soit à ses côtés, qu’ils s’installent ici, dans une petite maison sans apparat. Lee serait un peu comme leur fille. Et ils élèveraient une ferme, tiens. Avec des moutons, ou bien des vaches, un ou deux chiens et une écurie pour son destrier. Et un poulailler. Et plein de chats sauvages pour chasser les souris dans la grange. Si l’état de Mary pouvait seulement s’améliorer…

La porte de la salle d’eau s’ouvrit en grinçant. La gamine en sortit à pas aériens et silencieux, dans son habit vert et ses bottes de cuir. Accrochés à sa taille, la patte de lapin porte bonheur côtoyait les grelots dont le bruit cristallin servait à chasser les mauvais esprits. Voyant une fois de plus son mentor dans ses pensées, elle s’assit sans plus de cérémonie sur son ventre, lui coupant momentanément le souffle.
" J’ai finit, la Lune. C’est à ton tour. "
Un petit sourire, une main gantée ébouriffant ses cheveux roux, où de jour elle y glissait des perles multicolores. Habituellement, la fillette grinçait quand il la décoiffait, mais cette fois elle garda silence, comme appréciant pour une première fois ce geste d’affection. Se lovant contre son torse, elle posa un baiser timide sur sa joue, si rapide qu’il se demanda un instant s’il l’avait bien sentit. Puis elle se redressa brusquement et tira sur son collet.
" Tu pue le chien crevé! Va te laver, c’est dégoûtant! "
Sur quoi elle le planta là en criant qu’elle allait chercher le petit-déjeuner. Elle ne vit pas son sourire attendrit quand elle claqua la porte plus qu’elle n’était obligé de la faire, probablement dans le but mesquin de réveiller leurs voisins de chambre. Quant elle revint, ses petits bras portant en équilibre précaire un plateau chargé, l’argenté avait déjà finit et refaisait le lit, le regard comme toujours absent du monde extérieur.
" T’as reçu une lettre, boss. Elle est arrivée ce matin et elle date de y’a trois mois. J’pense qu’elle vient du Saint Empire, mais le sceaux est pas mal usé, alors… "
" … Du Saint Empire? Le quartier général est à Gaïa, pourtant. "
Posant précautionneusement sa charge sur la table de chevet, la rouquine se saisit de l’enveloppe qui trônait à son sommet, au-dessus des miches de pain et des triangles de fromage frais. Fronçant les sourcils, ses lèvres tendues en une moue concentrée, elle inspecta de nouveau l’emblème qu’affichait le cercle de cire rouge. Le parchemin de l’enveloppe était de la caractéristique couleur jaune de l’usure.
" Ouaip, c’est bien du Saint Empire Britannien. On voit mal, mais je reconnais cette foutu tête serpent sur l’écusson. "
Sur quoi elle lui tendit l’objet et se mit à table sans l’attendre, se servant généreusement du miel sur ses épaisses tartines.

Chevalier Zachary Moonlight,
J’ai l’immense chagrin de vous annoncer la mort de votre épouse, dame Mary Moonlight…


Vide. Comme un coup de poing en plein ventre. Le souffle qui se coupe. Le corps qui fige. L’esprit qui se déconnecte. Et puis soudain les mains qui tremblent. Le cerveau qui se réactive vite, trop vite. Les yeux verts qui lisent, et relisent, et relisent encore la lettre, de son début à sa fin, et relisent encore, comme incapable de réaliser ce qui y est écrit. Le tremblement qui grimpe dans les bras, qui gagne les épaules. Les yeux qui deviennent rouges, qui s’embrouillent, qui gonflent de larmes qui ne veulent pas couler.
" Boss? "
Lee avait cessée de manger brusquement, regardant son supérieur avec des yeux ronds et stupéfaits. Le miel avait barbouillé ses joues de traces collantes et luisantes piquetées de miettes de pain. Elle l’avait souvent vu triste et mélancolique. Mais jamais elle ne l’avait vu sur le bord des larmes.
" Hey, Zach, ça va? "
C’est à peine s’il l’entendait. Un murmure étouffé et lointain, inaccessible, transparent. Non, ce qu’il entendait, c’était cette autre phrase, comme hurlé au travers de son crâne en une longue note plaintive. Mary était morte. Mary était morte. Mary était morte…

… sans lui.

" Lee, aujourd’hui tu feras l’entraînement sans moi. Je… Je dois aller… Je reviendrais demain dans la journée. "
" Zach… "
Il était déjà partit en claquant la porte dans sa précipitation. Dans la chambre voisine, il y eut un juron hargneux sur les gens qui ne savent pas respecter le sommeil des honnêtes hommes. Le chevalier ne l’entendit même pas. Il déboula plus qu’il ne descendit les marches. Ne vit même pas l’aubergiste lui faire un salut amical de la main. Ne perçu pas le son allègre de la clochette lorsqu’il ouvrit le battant à la volée et se jeta dehors à corps perdu. La pluie lui glaça la peau et le vent lui gifla le visage quand il s’enfonça presque en courant dans les rues de la place, marchant droit devant lui sans réaliser où il allait ni ce qu’il faisait, le poing crispé sur le morceau de parchemin à en faire blanchir ses jointures. Il avait oublié son manteau. Bientôt, le déluge imbiba ses habits et ses cheveux devenus gris ternes par l’eau. Ils gouttaient à chacun de ses pas, emprisonnant son corps dans une étreinte froide comme la mort. Sa peau devint si blême, elle qui était déjà d’une blanche pâleur, qu’elle sembla devenir translucide. Ses lèvres passèrent au bleu et se mirent à trembler, trembler comme son corps recherchant vainement à produire de la chaleur. Il ne réalisait rien de cela. Et il s’en serait aperçu qu’il n’en aurait rien eu à foutre. Il ne faisait que marcher. Marcher, sans s’arrêter, presque courir. Comme un fuyard. Un fuyard voulant fuir sa conscience. Sa conscience trop effrayante, trop lourde, trop horrible, trop… Mary était morte. Et il ne l’avait même pas serré une dernière fois dans ses bras, embrassé une dernière fois son front. Il ne l’avait pas fait depuis cinq ans. Il avait… abandonné Mary. Et Mary était morte. Sans lui. Il ne parvenait pas à pleurer, il ne parvenait pas à crier, juste marcher et marcher encore, avec l’envie de mourir plus forte encore que lorsqu’il avait tué pour la première fois. Mourir, enfin, que cette douleur meurt avec lui! Mourir!

Il perdit la notion du temps. Il pouvait s’être écoulé quelques minutes, des heures, un siècle. Il s’écoula une journée. Le ciel déjà sombre devint plus obscur encore. La pluie s’intensifia, alors qu’il était difficile d’imaginer plus torrentiel. Ce n’était plus des cordes qui tombaient, c’étaient des clous. Des clous qui pinçaient la peau comme des morsures de tiques. Comme les morsures de tiques, il les sentit à peine. Il avait arrêté de trembler, il ne sentait plus le froid, mais plutôt une sorte d’engourdissement s’emparant de plus en plus de lui et de sa conscience. Il ne courait plus vraiment, il avançait en titubant comme un ivrogne, le regard sans vie. Il avait échappé la lettre quelque part. Ça non plus, il ne s’en était pas aperçu. Tout était flou. Tout était lointain. Il n’était plus qu’un zombie errant dans les rues de la cité.

Il n’était. Plus. Rien.
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Klaudius Hope



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MessageSujet: Re: La lettre du Saint Empire   Mar 16 Mar - 4:03

La main gantée de Hope tassa le rideau de velours bleu alourdi par l'eau, trempé d'humidité glaciale et de pluie hasardeuse, laissant passer une clarté presque aveuglante en comparaison à la pénombre qui avait à peine quelque secondes plus tôt, nimbé se son confort l'intérieur de la calèche. Est-ce que quelqu'un d'autre que lui aurait su trouver un tel réconfort à la noirceur? Il l'ignorait. Il se laissa confortablement remonter ses genoux sous sa cape retirant de ce fait ses bottes et laissant ses pieds savourer le confort des bancs capitonnés, collant sa tête sur le bois qui comme par enchantement, savait se trouver sec en cette terrible saison des pluies.

Il était épuisé. Tellement épuisé. Son corps était lourd. Lourd et douloureux.

Anton l'avait su en le voyant, pas que cela fut surprenant de son frère de cœur. L'homme l'observait de loin et avait appris l'attaque esquivée dans l'empire lumière si Hope s'en était tiré comme à son habitude sans la moindre égratignure à même son nom, il en payait un lourd prix malgré tout. Le peu que savait le libraire était que Hope était mage, un mage excessivement puissant. Mais l'utilisation de ses pouvoirs titanesques requérait une quantité d'énergie démesurée. Sa magie se régénérait rapidement, trop rapidement, s'accumulait, s'agglutinait dans le moindre recoin de son corps alors dans un état d'instabilité qui persistait pendant près d'un mois, épuisant physiquement et psychologiquement le jeune marchand. Ils avaient parlé, avaient prit plaisir à la présence de l'inconnu, mais leur séparation ne prit pas de temps, elle se fit sur une promesse de visite et un papier glissé dans le grimoire du marchand.

«2:06.16.23-03:29
Les deux choses s'enveniment dans l'empire lumière. Une attaque a eu lieu pendant ton voyage de retour. Devrait se calmer d'ici peu, éviter marchandise brithanienne: peut les frustrer.
9.06.16.58-04:03
Rencontre avec sir Akelias, commande de vêtements importante, il te veut toi pour l'habiller.
5.08.16.23-04:10
Commande de Brit. Mercenaires engagés.»


Il rajouta une série de numéro à cette date, relaxé: 5.08.16.58. Du travail s'annonçait, sa fatigue le drainait, recroquevillé sur lui-même, la main pendante à l'extérieur de la calèche, son gant trempé, il le sentit glisser de sa main frêle et pâle, ne le retint pas quand il tomba, un enfant le trouverait, le vendrait pour nourrir sa famille... Amalgame de pensées facultatives. Pluie. Fatigue. Calèche. Chat. Lanternes. Auberge. Clôtures. Homme détrempé.

Comme pour dépareiller la liste des objets que le blondin énumérait, il y avait cet homme.

-Antoine! Antoine arrête.

Comme par réflexe, sa voix s'était élevée, charismatique, douce et chaude. Il se permit d'observer la créature, captivé par ses cheveux détrempé, il sentait un sentiment en cet homme qu'il avait déjà goûté. Il tût son sombre souvenir alors qu'une curiosité poignante le traversait, et le poussait de son perchoir, à aider cet homme en le quel il se voyait. Il en aurait laissé plusieurs dans leur peine s'il avait agi par pitié, mais là il n'y avait pas même une once de bonté dans son cœur, mais plutôt une question: Qu'est-ce qui avait bien put mener un homme à cet extrême du désespoir? C'en était palpable.

Comme figé, il s'entendit dire à Antoine, comme sans contrôle de son être, de faire monter l'homme à bord. L'adolescent fut réticent, refusa plusieurs fois acerbe, capitula devant le regard froid de son maître qu'il ne savait supporter et guida l'homme dans la calèche, s'il y eut résistance il ne se laissa pas faire, car bientôt on entendit dans un tintement désagréable les marches de métal qui frappèrent le sol, le craquement du bois alors que sans politesse, Antoine le poussait à l'intérieur, refermant la porte derrière lui. Les marches furent remontées, la calèche trembla avant de reprendre son mouvement vers le quartier de la noble bourgeoisie.

-Bonjour.

La main de Hope quitta la fenêtre abandonnant les deux hommes à une pénombre qui pour certain aurait pu être glacée, surtout avec le regard d'un bleu iridescent et polaire qu'un jeune homme, recroquevillé sous un cape posait sur eu.
_____________________

(hrp: pourquoi est-ce que mon message a des allures d'être terriblement court....?)
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Zachary Moonlight
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MessageSujet: Re: La lettre du Saint Empire   Mar 16 Mar - 5:08

Les rues étaient désertes. La pluie diluvienne, sûrement. L’heure, aussi. Qu’importe. Qu’importe, puisque Mary est morte. Un groupe d’enfant le dépassa en courant. Ils se chamaillaient pour un gant détrempé, sûrement trouvé par terre. Quelle importance. Quelle importance, puisque Mary n’est plus. Une calèche passa au trot à ses côtés, manquant l’éclabousser et le renverser par la même occasion. Devant, un cheval solide, les naseaux fumants et le poil couvert d’écume blanche. Soit il revenait d’un long voyage, soit on l’avait poussé à un galop exténuant. Pourquoi remarquait-il ces détails, d’ailleurs? Il était si las. Sa vision n’était plus très clair, son cerveau non plus. Il ne parvenait pas à aligner deux phrases cohérentes. Sauf peut-être que Mary était morte. Seule. Il y a trois mois, environ. Et que durant trois mois il ne s’était douté de rien. D’absolument rien. Et que pendant cinq ans, il n’avait pas été là pour elle. Et que… La calèche s’arrête. Le cocher en débarque, l’air de mauvaise humeur. Il s’approche de lui. Il veut qu’il rentre. Rentrer où? Dans la calèche. Pourquoi? L’homme s’énerve. Mais ce n’est pas un homme, non. C’est un adolescent, plutôt. Un peu plus vieux que Lee, de quelques années. Qu’a-telle fait, justement, aujourd’hui? S’est-elle inquiétée? A-t-elle attendu dans l’angoisse? Comme Mary. Mary qui l’attendait au Saint Empire, et lui qui n’est jamais revenu. Qui ne s’est jamais rebellé pour revenir. Mary qui était morte en vain…

Le cocher ne prend même plus la peine de lui parler et lui saisit le bras. Peut-être a-t-il réalisé que l’argenté ne l’écoutait pas. Peut-être le prit-il pour ces gens de la rue, errant, agars, après avoir consommé de ces herbes étranges qui se vendent aux marchés noirs pour une poignée de pièces d’or. Après tout, Zachary n’avait pas de manteau. Il n’avait rien sur lui montrant son statut de chevalier. Pas d’arme, pas de morceau d’armure, pas de blason. Juste une chemise blanche, devenue transparente et miteuse sous le déluge, et un pantalon noir au bas boueux et sale. Et pied nu. Oui, maintenant il le réalisait, il ne s’était pas non plus chaussé en sortant. Et il avait marché dans l’eau et sur les rocailles sans même le réaliser, lui ayant d’habitude les pieds si fragiles… Le cocher lui tire plus fort sur le bras. Il veut qu’il vienne. Où? Dans la calèche. Pourquoi? L’adolescent devient furieux. Il ouvre grande la porte de la calèche et le balance à l’intérieur avant de refermer en claquant le battant. Avant d’être plongé dans le noir, Zachary a le temps de voir une main blême et longiligne. Et deux yeux d’un bleu ahurissant. Puis plus rien. L’obscurité totale. De celle qui fait pleurer d’angoisse Lee. Qu’a-telle fait, justement, aujourd’hui? S’est-elle pratiquée, comme il lui avait demandé avant de partir? Ne s’est-il pas posé cette question il y a peu?

L’être au regard bleu se met à parler. Juste un mot, mais c’est à peine s’il l’entend. On dirait que ses yeux brillent dans l’obscurité. Est-ce effrayant? Est-ce rassurant? Peut-être est-il l’un de ces esprits maléfique dont parlait son écuyer. Mais il n’a pas de clochettes pour le chasser loin de lui, ni de patte de lapin. Il n’a pas non plus de mentor pour le protéger lorsqu’il dort. Il n’a même plus Mary. Peut-être l’avait-il déjà perdu il y a de cela cinq ans. Quand il l’a laissé derrière lui sans même résister. La calèche se met en branle. La cabine en bois est parcourue de cahot. Les sabots résonnent sur le sol. Le cheval renâcle, il a des signes d’épuisement jusque dans son pas irrégulier. Il doit avoir un caillou dans son fer.
" Votre cheval a besoin de repos. "
Il ne sait pas pourquoi il dit ça. Il ne sait même pas pourquoi il parle soudain après tant d’heures dans le silence. Il avait même oublié un instant qu’il y avait quelqu’un d’autre avec lui dans cette noirceur. Même oui, il y a toujours ces yeux bleus qui le regardent. On aurait dit les yeux de Lee. Ou de Mary. Les visages et les noms se mélangent dans sa tête, tanguant comme la calèche. Il pense à la ferme dont il avait rêvé ce matin. Il pense à des chats sauvages, roux comme Wildcatt, poursuivant des souris effrayés. Il pense à son destrier bien à l’abri dans la stalle de l’auberge. Il pense à l’aubergiste qu’il doit payer demain. Il pense à Mary. Mary, morte.

Il regarde l’homme qui le fait face, celui qui pourrait se faire passer pour un esprit maléfique dans les histoires légendaires de l’Empire de Lumière. Il repense à la main blême appuyée sur le rebord de la fenêtre. Il revoit sa propre main, tout aussi blême, manier pour la première fois l’épée. Qu’elle âge avait-il, déjà, quand il est devenu écuyer? Il ne s’en rappelle même pas. Et Mary, sa douce Mary, qu’elle âge avait-elle quand ils se sont mariés? Quel âge avait-il, lui? Dix-huit ans? Dix-neuf? Et puis pourquoi penser à cela? Mary était morte. Il la revoit encore, avant qu’elle n’ait ses cheveux blancs et qu’elle ne crache le sang, la sueur plein le regard et les larmes perlant sur son front. Oui, avant tout cela, il la revoit sur cette chaise berçante qu’il avait construite de ses mains. Elle s’était cassée trois fois et il avait finalement abandonné pour la laisser à un vrai réparateur. Mais c’était l’intention qui compte, et c’était vraiment une belle chaise, même si elle n’était pas totalement symétrique. Et elle se berçait sur sa chaise en faisant aller son aiguille. Qu’est-ce qu’elle avait fait, déjà, la dernière fois? Cette dernière fois avant que ses doigts ne se figent à jamais. Elle fait une courte pointe? Un tricot? Elle recousait un bouton? Non, non, elle… Elle brodait. Elle brodait un mouchoir en tissus blanc. Elle brodait le nom d’un enfant. Morgan. Un nom mixte, qu’ils avaient choisi. Elle n’était même pas encore enceinte, mais ils voulaient un enfant. Peu importe que ce soit une fille ou un garçon, un enfant. Juste un enfant. Leur enfant à tous les deux…
" Morgan…"
Il parlait tout seul. Il pensait à voix haute. Le nom lui parut assourdissant aux oreilles, mais ce ne fut qu’un murmure inaudible. Il réalisa que les larmes qui refusaient de couler s’étaient libéré lorsqu’il prononça se nom qu’il ne prononcerait plus jamais. Ce rêve, cet autre rêve, brisé, piétiné, anéantit. Les larmes coulèrent sur ses joues, silencieuses, invisibles dans la noirceur. Il ne renifla pas. Il ne les essuya pas. Il oublia l’instant d’après leur présence. Ses yeux redevinrent sèches l’instant d’après. Comme ne sachant pas réellement se qu’est pleurer.

Et il réalisa de nouveau qu’il y avait ces yeux brillants qui l’observaient. Il les avait oubliés, encore. À qui appartenaient-ils? Qui était ce mystérieux personnage qui l’avait arraché à la rue? Pourquoi tout cela? Des yeux bleus brillants et une main blême. Il ne dégageait même pas d’odeur et il ne sentait pas ses pieds s’entrechoquer contre les siens quand la calèche avait un cahot. Était-ce un petit enfant? Non, sa main lui était apparue longue et fine, absolument rien à voir…
" Vous êtes qui? Qu’est-ce que... vous me voulez... "
Si l’homme lui répondit, il n’entendit pas. Il s’ombra l’instant d’après dans l’inconscience, sans vraiment voir de différence. Du noir il passa au noir. Au moins, cessa-t-il un instant d’être torturé par ses pensées.
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Klaudius Hope



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MessageSujet: Re: La lettre du Saint Empire   Mer 17 Mar - 5:07

Klaudius ne sut qu'observer l'homme devant lui, Abigail Hope lui avait un jour dit qu'en toute personne se cachait un enfant, un enfant faible qui ne saurait jamais retenir ses larmes, un enfant expressif qui lui pleurait quand il avait mal. Il songea à son père adoptif et à son visage terrifié en le voyant fondre en larme pour la première fois, Abigail était resté l'inspiration de Klaudius, partager son nom était plus qu'un honneur, plus qu'une joie en ces temps sombres de sa vie. La seconde et dernière fois qu'il pleura, ce fut dans les bras de Maniel lorsque son père adoptif mourut, c'est enfin un sourire aux lèvres qu'il pensait à cet homme qui l'avait guidé dans trop d'aventures intrigantes. Il n'avait pas pleuré quand Maniel avait à son tour quitté ce monde, il avait partagé les mêmes mots avec Antoine qui lui fondit en larmes. Avait partagé avec lui l'étreinte des frères.

En cet instant, devant lui était un gamin, trop obstiné pour pleurer, puis qui enfin sur un nom s'effondra. Hope ressentit le profond malaise que son père avait dû ressentir, observant l'être minuscule si semblable à lui par le passé. Il y avait toujours eu quelque chose d'émouvant à voir un homme pleurer, quelque chose de profondément touchant, un homme en général ne pleurant pas, le voir s'effondrer et redevenir cet enfant impuissant était quelque chose de douloureux pour chacun, même pour une inconnu… pas si inconnu. Klaudius ne bougea pourtant pas, il en était incapable, il laissa à l'inconnu cet espace, cette bulle que seul un malotru sans honneur saurait passer, c'était cet instant vital et obligatoire pour se remettre sur pied, du moins calmer l'enfant en larmes. Il ne fut pas surpris en voyant les larmes cesser d'elles mêmes puis la fatigue peindre le visage de l'homme qu'il se permit d'étudier plus amplement alors que ses propres paupières devenaient de plus en plus lourdes.

Il fut captivé une fois de plus par sa chevelure trempée et grise, en voyant la qualité des étoffes qu'il portait, il n'était pas de ces pauvres bougres de la rue, il s'était plutôt précipité à l'extérieur. L'homme tomba dans un bruit mât sur le sol après l'avoir interrogé d'une voix presque inaudible, voyant qu'il allait bientôt sombrer dans l'inconscience, Hope ne s'était pas plus donné la peine de lui répondre.

-Klaudius?, s'exclama la voix éraillée de l'adolescent.

Expulsé presque avec violence de ses pensées, Hope leva un regard curieux vers l'adolescent qu'il ne voyait certainement pas au travers de la toiture de la calèche. Sa voix se fit plus fatiguée qu'il ne le voulait.

-Tout va bien Antoine, mon comparse vient de sombrer dans l'inconscience, quand à moi je ne vais pas tarder à faire de même…

-Klaudius, tiens bon, on arrive bientôt…

Dans un éveil semi-comateux, le jeune marchand écouta la voix de son attendant qui se donnait tout un mal pour le gardé éveillé comme il lui avait demandé. Mais le cas fut désespéré et il suivit bientôt l'inconnu trempé dans le sommeil.

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