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 D'où l'art de compter le temps...

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Seth Dreamare
Lame Noire
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MessageSujet: D'où l'art de compter le temps...   Lun 20 Sep - 23:43

Seth entra, se posa doucement sur une marche, le visage posé sur les visages figés dans le marbre de ceux à qui la mort a conférée la rigidité délétère de chaque être. Seth n’est pas croyant, loin de là même. Il fut un temps où comme tout le monde, il croyait. Il avait voué un culte fervent à l’entité qui ici sert de divinité absolue, il s’était rendu à chaque messe, avait prié avec l’innocence et l’envie de chaque personne qui croit sans aucune retenue à ce qu’on lui a apprit. Et puis un jour, on lui avait volé sa famille, son enfance, son innocence, et ses croyances. Alors il avait cessé de prier le Seigneur, parce que malgré ses prières, il ne l’avait pas protégé. Il avait cru, avait mené une existence irréprochable, et des pêcheurs l’avaient détruit. Il croyait en la force de l’Etat, mais cet Etat auquel il obéissait ne l’avait pas protégé comme il se devait de le faire en échange de son obéissance. Alors il avait cessé de croire en l’Etat. Et à force de ne plus croire, il en était venu à le combattre, œuvrer pour le reverser. Mais le désirait-il vraiment ? C’était ce qu’il se demandait, maintenant qu’il observait ces visages de macchabées. La crypte dégageait une sensation oppressante de mort, d’austérité, de méfiance. Mais Seth n’avait pas peur. Des craintes, il en avait, mais elles provenaient bien plus des vivants que des morts. Il n’y a rien à craindre des morts. Rien d’autre que leurs souvenirs.

Mais qu’est ce qu’un athée forcené fait donc ici ? Il ne prie pas, il ni plus qu’il ne se recueille. Il attend. Il attend quoi ? Il attend le passement du temps. Non pas dans la volonté de mourir et finir comme une momie desséchée, mais plutôt attendre que la messe se termine. En effet, il s’était retrouvé plus tôt dans la nef. Il a beau ne pas croire, il apprécie le calme serein que ces lieux apportent. Un calme plein de respect, de majesté et de sérénité. Il avait donc arpenté la cathédrale, bien qu’ayant fuit du regard la figure pleine de douceur maternelle d’une certaine statue. Cette douceur était une douceur qu’il ne pourrait plus jamais connaître, et dont le souvenir lui était devenu ainsi douloureux. Sauf que, perdu dans ses pensées, le temps l’avait pris en traître. Et ainsi, le temps de s’en rendre compte, déjà que la messe matinale commençait. Et avec elle récitals et arrivée massive de gens. Deux entités insupportables pour le brun qui avait contracté une allergie aigue à l’apparence religieuse, et une agoraphobie chronique. Et entre les morts et leurs silences, et les cris hypocrites d’une foule, le choix se fait vite.

Le brun poussa un nouveau soupir, puis sortit de ses poches… du papier. Pourquoi donc ? Oh rien. Juste meubler le silence. Ainsi, il se mit à plier ses feuilles de papier, en fit des dizaines de petits oiseaux. Des oiseaux de toutes les formes dont il se souvenait. Origamis représentant des grues, des hirondelles, des hérons… Puis il les fit voler. Tissant de délicats courants d’air, il créa des escadrons ailés, un envol en apparence désordonné qui à présent emplissait la pièce de petits bruissements de papier. Les morts en semblaient moins tristes. C’est ca, la mort. On crève d’ennui et de solitude.
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Lelouch Lamperouge
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MessageSujet: Re: D'où l'art de compter le temps...   Dim 26 Sep - 20:27



...Si un être omnipotent et omniscient existait réellement dans ce bas-monde... il avait un drôle de sens de l’humour ! Un soupire exaspéré s’échappa des lèvres du chevalier. Il se maudissait d’avoir accepté cette mission qui à ses yeux était ridicule voire même puérile ! Une chasse aux fantômes... Cette maudite histoire avait commencé un peu plus tôt dans la journée...

Comme chaque dimanche la messe avait débuté au sein de la grande cathédrale de Gaïa. Une foule incroyable était rassemblée dans la maison du Seigneur et écoutait avec attention les paroles du prêtre. Ce dernier alterna psaumes, chants religieux et bien évidement prières... C’est lors de la deuxième prière - où le silence du recueillement régnait dans la cathédrale – qu’un enfant de cœur perçus de légers bruissements... Il essaya de ne pas y prêter attention et de se concentrer sur sa prière mais les sons étaient persistants... Le jeune garçon donna un coup de coude à son voisin et lui murmura de tendre l’oreille. Ils s’aperçurent que les bruits venaient de la crypte. Un voile sombre se forma sur leur visage. Alors que tous priaient avec ferveur au sein de la cathédrale, un des garçons alla trouver le prêtre. Ce dernier un peu dur d’oreille mis un moment avant de percevoir les bruissements étouffés provenant de la crypte... mais lorsque ce fut le cas son visage de figea dans une expression de frayeur. Il envoya de suite un enfant de cœur prévenir quelqu’un au palais et lui intima de rester discret. C’est ainsi qu’on avait demandé – ou plutôt ordonné – au Sir Lamperouge et quelques soldats d’enquêter sur cette troublante affaire. Un dimanche gâché pour une histoire de fantôme...

Une partie importante des soldats – pour ne pas dire tous – étaient des croyants assidus… par conséquent les bruissements venant de la crypte les rendaient extrêmement nerveux. Cela faisait quelques jours que des travaux avaient été entamés dans la cathédrale afin de la préserver des affres du temps... les soldats pensaient que les travaux avaient réveillé la colère des morts et des Saints qui reposaient dans la crypte. C’est avec autorité et une légère once d’agacement que le Chevalier Céleste ordonna à ses hommes de « la fermer »... mais ça ne les empêcha pas pour autant de murmurer des paroles incroyablement idiotes lorsqu’ils arrivèrent à l’entrée de la crypte. Ils étaient passés par une porte à l’arrière de la cathédrale afin de ne pas déranger la messe mais surtout pour ne pas inquiéter les croyants... Une lourde porte ouvragée donnait accès à un escalier en pierres. Ce dernier était sombre et plusieurs marches semblaient abimées. On apporta une lampe à huile et la confia au chevalier. Celui-ci descendit plusieurs marches avant de se retourné... ses hommes étaient sur le pas de la porte et semblaient ne pas vouloir le suivre. Voilà... il était énervé !

« Vous êtes des hommes et de surcroit des soldats ! Surtout ne m’obliger pas à venir vous chercher... ou vous allez le regretter ! »

Une minute de silence s’écoula, durant laquelle les soldats échangèrent des regards peu rassurés... C’est avec force que le lieutenant frappa le mur sur sa gauche. Sa patience avait des limites ! Soudain un bruit sec provenant de la voûte de l’escalier résonna. Tous levèrent les yeux mais il était déjà trop tard… Une vieille poutre était en train de se fracasser en milles morceaux, libérant avec elle plusieurs tonnes de pierres. Un reflexe de survie permit au jeune chevalier de s’écarter du point d’impacte. Son corps dévala les escaliers plus vite qu’il ne l’aurait souhaité alors qu’un nuage de poussière envahissait les escaliers. Sa course infernale achevée, le jeune chevalier pris quelques secondes pour faire le point sur la situation... Il était coincé dans une crypte où reposer des cadavres... ses hommes allaient mettre plusieurs heures avant de dégager l’escalier... et pour couronner le tout les bruissements étaient clairement audibles... Un fantôme ? Un mort revenu de l’au-delà pour montrer son mécontentement ? Une explication totalement grotesque ! Nombreux au Royaume de Gaïa vouaient une foi sans borne à un ou plusieurs dieux. Oui mais voilà le jeune homme était originaire d’un pays où seule la raison gouverne le cœur des hommes. Il ne croyait pas aux fantômes ni aux revenants et encore moins aux résurrections. Pour Lelouch Lamperouge il devait y avoir une explication simple mais rationnelle. Vue sa situation il avait le loisir de découvrir la vérité sur cette affaire.

« ... c’est plus grand que ce que je pensais... et surtout plus lumineux ! »

Une surprise où se mêlait admiration transparaissait sur le visage du jeune homme. Ce dernier s’avança dans l’immense crypte. Cette dernière était creusée à même la roche formant une gigantesque grotte soutenue par d’imposantes colonnes ouvragées. Il y avait plusieurs cavités abritant diverses ossements. Un voile de dégoût se déposa sur le visage du jeune chevalier. Son regard se posa sur un second escalier qui s’enfonçait dans les méandres de la crypte. Il était impossible de savoir d’où provenaient les bruissements avec la résonnance des vieilles pierres... Néanmoins le jeune homme entreprit de descendre les marches afin de trouver la source du mystère.

Spoiler:
 

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Seth Dreamare
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MessageSujet: Re: D'où l'art de compter le temps...   Dim 26 Sep - 23:23

Seth aurait-il été conscient de tout le ramdam de son innocent petit jeu de pliage eût provoqué qu'il aurait sans doute cessé immédiatement. Mais qui pouvait penser que les sons portaient si loin, et de manière si... audible dans une cathédrale? Si il y avait passé le plus gros de son temps, sans doute l'aurait-il su, mais ce n'était visiblement pas le cas, ainsi, le brun avait signalé sans le vouloir sa présence à la moitié de la ville, et surtout à la garnison en place, dernière chose sur terre qu'il pourrait désirer. Mais quoi qu'il en soit, le brun était totalement perdu dans ses pensées, installé sur une marche, et avec pour voisin un corps sculpté dans le marbre. Pourquoi le marbre, d'ailleurs? C'est une pierre qui a l'air si froide, si... vide, en même temps que trop solide... On s'étonne ensuite qu'on trouve que la mort est effrayante, alors qu'elle n'est, au final, qu'une douce étreinte qui vient vous soulager de toutes les douleurs que la vie offre. Seth redoute plus la vie qu ela mort. Alors pourquoi ne s'est il pas suicidé? Parce qu'à son avis, après le trépas, il n'y a rien. Rien d'autre que l'oubli. Alors avant d'être entièrement détruit, et oublié, le brun veut pouvoir agir, vivre, pourquoi pas aimer, encore au moins une fois. La vie est absurde et vaine, mais c'est ca qui la rend si belle.

Et lorsqu'on veut vivre, on ne se fait pas remarquer. En temps normal, s'entend, parce que là, il était tellement perdu dans ses pensées, et ses rêves fantaisistes qu'il n'avait même plus conscience de son environnement, qu'il soit visuel ou auditif. L'exercice des oiseaux était un exercice de magie simple qu'on apprend aux petits sorciers. Il permet de développer l'agilité mentale, la capacité à se concentrer sur plusieurs choses à la fois, coordonner les différents flux de magie, et enfin affiner son rapport avec son élément. L'air était celui dont il était le plus familier. Venait l'eau, ensuite, mais déjà sa maîtrise se faisait un peu plus anarchique. Ne parlons pas de la glace. Celle ci, ce n'est que si il n'a aucun quatre choix qu'il l'utiliserait, pas avant.

Subitement, un gros bruit le fit sursauter, et provoqua au passage un carambolage entre un cygne, et un héron, ce dernier ayant malencontreusement dévié de sa course alors que l'autre volait paisiblement. Entendant une voix, accompagnée de bruits de pas, il entreprit de rassembler toute sa basse cour aéroportée, tout en se levant d'un bond. Juste à temps pour rentrer dans la personne qui entreprenait de descendre les marches.

-Oups! Désolé!

Pourquoi il s'excusait, hein? Il y était pour rien, le pauvre Seth! Il se contentait de s'amuser à faire voler des oiseaux en papier, lui. C'était pas comme si il avait fait s'effondrer le conduit qui menait aux cryptes, lui! Mais que voulez vous que je vous dise, il a passé des années à baigner dans des mares de politesses, ronds de jambes, courbettes et autres salamalecs totalement inutiles et proférés au nom de l'inutilité sociétale. On ne peut pas lutter contre les habitudes. Jamais.
A côté de lui bruissaient ses petits compagnons théoriquement à plumes. Il n'avait pas eu le temps de les ramener, et le sol était humide, il ne s'était pas sentit de rompre le sortilège et les laisser tomber par terre comme de vulgaires déchets. Grillé pour griller, autant les faire repartir. Leurs bruits réguliers et familiers étaient bien plus rassurants que le silence sépulcral qui emplissait les lieux. Rapidement, l'espace exigüe fut à nouveau envahit par toutes ses petites marionnettes sans fil.

-C'est vous qui avez fait tout ce bruit? Je suppose que l'entrée est bouchée...

Puisque les bruits de la messe lui arrivaient de manière bien plus étouffée, c'était la conclusion logique qui avait atteint son cerveau. Même dans la pénombre, il avait du mal à distinguer les traits de son compagnon d'enfermement au pays des morts. A peine si il avait deviné son sexe, c'est dire.

-Excusez moi de demander ca de manière si peu cavalière, mais... Qui êtes vous?

Puisqu'il ne pouvait pas s'enfuir, et qu'il n'avait ni l'envie, ni la raison de se battre, ne restait plus que le dialogue, ou la superbe ignorance. Or, celle ci ne lui servant à rien, et étant carrément illusoire tellement elle était improbable, ne restait plus que la discussion. Et pour parler avec un inconnu dont il ne voit même pas le visage, Seth a le besoin inexplicable de connaître au moins son nom, même si c'est un mensonge.
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Lelouch Lamperouge
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MessageSujet: Re: D'où l'art de compter le temps...   Dim 3 Oct - 18:56



Une sensation étrange et quelque peu désagréable s’empara du chevalier à mesure que ses pas le conduisaient au cœur de la crypte. Il ne croyait pas aux superstitions populaires et pourtant il était quelque peu forcé de reconnaitre que ce lieu était pour le moins inquiétant et totalement inhospitalier. Cette crypte était semblable au Sanctuaire du pays natal du jeune homme. Ce dernier s'y était rendu une unique fois au cours de sa vie... mais les souvenirs qu’il conservait de ce funeste jour étaient toujours aussi limpides et douloureux. A cette époque, en plus de la tristesse, une sensation oppressante s’était abattue sur le jeune prince... pourtant le Sanctuaire était beaucoup plus vaste et plus lumineux que la crypte... mais un élément leur était commun : la mort et ses statues de marbre aux visages mornes et solennels. C’était sans doute cette pression mortuaire qui pesée de plus en plus sur les épaules du lieutenant. Au fond de lui il savait que ce n’était pas sa place... qu’aucun humain n’avait sa place dans ce lieu froid et sinistre. Au fils de sa progression dans les profondeurs de la crypte, la température et la luminosité diminuait de façon exponentielle. Le Chevalier Céleste était quelque peu satisfait d’avoir avec lui son manteau. Sa main droite enserrait la lampe à huile que lui avait confiée le jeune garçon un peu plus tôt. Cette dernière éclairait faiblement l’escalier en pierre ainsi que les murs. Chaque pas résonnait contre les murs de la sainte caverne et leurs échos se perdaient dans les méandres des souterrains de la crypte. Une lente progression qui laissa assez de temps au jeune homme pour plonger dans ses pensées ou du moins dans de sombres souvenirs. Soudain une masse opaque se dessina et heurta le chevalier qui était en toute honnêteté perché dans les nuages. Une pierre ? Une statue ?... Aucune statue ne s’excuserait pour vous avoir heurté...

* Je vous pris de me pardonner. C’est moi qui ne vous avez pas vu... *
Ce furent les mots qui traversèrent l'espace d'un instant l’esprit du chevalier... mais ces mots ne franchirent jamais ses lèvres. Après tout il n’avait aucune raison de présenter ses excuses ! Il était là en mission ! Qu’est ce qu’un être humain et vivant de surcroit faisait en ce lieu hostile ? A première vue il s’agissait d’un homme... du moins c’est ce que laissait entendre sa voix. Un léger bruissement succéda aux paroles de l’inconnu. Un son familier aux oreilles du chevalier : un bruissement de papier ! Heureusement pour le chevalier ou alors pour l’inconnu, la pénombre dissimulait grandement la silhouette des deux hommes. Le visage de Lelouch Lamperouge avait d’abord exprimé la surprise puis une totalement indifférence puis petit à petit ses expressions étaient devenue plus dures, plus inquisitrices... plus méfiantes... Surtout lorsque la personne qui est en face de vous, vous demande de vous présentez, sans même l’avoir fait de prime abord ! Une longue seconde s’écoula où seul le bruissement des ailes en papiers des oiseaux était perceptible.

« Je suis la personne qu’on est venue déranger un dimanche pour une histoire de fantôme au fin fond de cette maudite crypte... »

Bon je l’avoue sur ce coup là il n’a pas répondu à la question... du moins il y a répondu mais de façon plus ou moins détournée. Après tout l’inconnu ne lui avait pas demandé son nom. Il voulait savoir qui se trouvait en face de lui. Sir Lamperouge avait éludé mais en aucun cas mentit... pour le moment... En effet le lieutenant restait extrêmement méfiant vis-à-vis du jeune homme qui se trouvait prêt de lui.

« Vous avez en effet bien supposé... l’entrée de la crypte est actuellement bouchée mais avec un peu de chance elle sera ouverte dans quelques heures... Oui avec de la chance. »

Lelouch soupira de lassitude en imaginant ses subordonnés. Ces derniers allaient être longs pour prendre une décision. Ils allaient sans doute tergiverser un moment pour ensuite se rendre au château faire un rapport sur ce qui venait de se passer et pour finir ils allaient recevoir l’ordre de dégager le passage menant à la crypte. Le chevalier dirigea sa lampe à huile vers le jeune homme pour essayer de discerner plus clairement les traits de son visage. Il n’était guère plus grand que le jeune chevalier et semblait svelte. Ses cheveux sombres à première vue semblaient quelque peu désordonnés et son regard oscillait entre le marron et le noir pourvu de lueur rougeâtre, sans doute dû à la lueur de la flamme. Il ne semblait pas dangereux et pourtant... quelque chose dérangeait le chevalier. Il était clair que l’inconnu maitrisait de façon plus ou moins adroite la magie aérienne. Son observation avait durée quelques secondes juste, assez pour prononcer des paroles quelques peu secs et dénuées de courtoisies.

« Quel est votre nom et que diable faite vous ici ? »

Ses yeux améthyste – teintés par le scepticisme – fixaient avec intensité l’inconnu. Qu’est ce que ce dernier était venu faire dans la crypte ? Cette question piquait la curiosité de Lelouch Lamperouge comme l’aiguillon d’une guêpe. Il était courant que les cryptes et autres tombeaux renferment des trésors ou du moins des reliques qui se vendent une fortune au marché noir... Un voleur ? C’était étrange mais le chevalier était persuadé que le jeune homme était venu ici pour une toute autre raison... Sinon pourquoi faire des oiseaux en papier ? Il appréciait peut-être le calme de la crypte ? Cette idée était un peu étrange...

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Seth Dreamare
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MessageSujet: Re: D'où l'art de compter le temps...   Dim 3 Oct - 21:20

Si Seth était imprégné par l'ambiance des lieux? Oui, il l'était. Alors pourquoi n'était il pas effrayé? Parce que tout est affaire de point de vue, bien sûr. Vous ne comprenez pas? Et bien ce n'est pas compliqué. Pourquoi a-t-on peur? Parce que ce lieu est un endroit visiblement réservé à la mort, et au repos éternel. Et en soi, il fait peur. La mort fait peur par définition. Et bien Seth pour sa part avait fini par croire avec ferveur que ceux qu'il fallait craindre n'étaient pas les vivants, mais bien les morts. Lorsqu'on part de ce point de vue là, tout devient subitement bien plus simple. Ainsi, il n'estimait pas que sa présence soit dérangeante, pas plus que celle de ses petits compagnons de papier, et ce pour la simple et bonne raison que les défunts n'étaient eux aussi rien de plus que des vivants plongés dans un ennui éternel. Tout est bon pour se distraire un peu des aléas de l'éternité.
Mais ca ne semblait pas être le point de vue de celui qui venait de débarquer. Pourquoi cela? Parce qu'au moment de lui rentrer dedans, il avait semblé qu'il soit tendu. Non, je ne parle pas de cette tension inhérente à la présence en un lieu totalement inconnu, et peut être hostile, mais plutôt celle qu'apporte l'intranquillité d'esprit, irrationnelle et sourde. Enfin, qu'est ce que ca pouvait bien lui faire? Brave ou lâche, seigneur ou brigand, héros ou simple mortel, ca n'enlevait rien au fait qu'il soit à présent enfermé avec lui.

La faible lueur diaphragme que diffusait la lampe de l'inconnu lui permettait d'apercevoir ses traits. Elle lui faisait un peu mal aux yeux aussi, mais vu le temps qu'il avait passé dans le noir complet, c'était une chose compréhensible. Grâce à un savant jeu d'ombres et de lumière, son visage semblait dur, menaçant, irréel. Tant de choses qui le confortaient dans son idée. Les vivants, c'est le mal.
A l'entendre, un sourire amusé étira ses traits. Vivant, et d'humeur olympique de surcroît! Décidément, quelle chance nous avions là!

- Je n'en ai pas encore croisé pour ma part. Peut être qu'en s'enfonçant un peu plus loin vous les trouverez!

La simple idée que des hommes puissent être effrayés par des bruissements de papier était bien trop absurde pour qu'elle n'effleure son esprit. Que voulez vous, la stupidité humaine a beau avoir fait ses preuves depuis des temps immémoriaux, elle ne se lasse pas de surprendre le peu qui pouvaient encore entretenir de brefs espoirs à son encontre. On ne se refait pas, malheureusement.

Il haussa vaguement les épaules. Par chance, le brun n'était pas le moins du monde claustrophobe. Aucun souci donc à rester là. Les morts sont d'une si agréable compagnie! Peut causants, il faut bien l'avouer, mais ce léger détail oublié, ils sont très agréables à vivre.

-Dans le pire des cas, on pourra toujours chercher. Les architectes adorent bourrer leurs œuvres de passages souterrains.

Même les artistes savent être vicieux à leurs heures, il ne faut pas croire. Seth était parfaitement nonchalant, et c'était parfaitement normal d'ailleurs. Qu'est ce qu'il pouvait bien lui faire, après tout? Il aurait fallu qu'il le voie pour ca, or, tenir une lampe alors qu'on est dans le noir complet est rassurant, certes, mais également handicapant. Il suffit qu'il recule d'un mètre ou deux pour devenir invisible à ses yeux, à moins, bien sûr, que le sieur Lamperouge ne soit nyctalope, auquel cas je lui adresse mes plus sincères excuses pour ce regrettable oubli.

Il plissa les yeux en fronçant les sourcils alors qu'il approchait sa lampe de son visage. La lumière, ca fait mal! Tortionnaire! Subitement, un sourire joueur éclaira son visage.

-Alors... Lequel on va utiliser... Vous préférez les hérons ou les tourterelles?

Non, il n'avait absolument pas répondu à côté de sa réponse, qu'est ce que vous allez penser là? Le brun resta quelques instants encore visiblement perdu dans ses pensées, et les yeux perdus dans le noir d'où s'échappaient des bruissements, toujours ces bruissements.

-Va pour la tourterelle. Son aile droite est un peu tordue de toute manière.

Mais que faisait-il donc? Et bien il testait quelque chose. A chaque fois qu'il était question de maîtrise aérienne, le jeune homme devenait très inventif. De manière infantile. D'ailleurs, ses pouvoirs ne servaient que très rarement à tuer, paradoxalement. Il jouait bien plus avec l'air qu'il ne lui imposait quoi que ce soit. Quoi qu'il en soit, la tourterelle à défaut s'approcha en volant, quittant le bataillon de ses confrères, et s'approcha de la lampe, jusqu'à ce qu'elle commence à brûler. Là, il l'enveloppa dans une sphère d'air, et se concentra. Le papier aurait tôt fait de se consumer totalement. Restait à trouver le moyen de conserver la flamme. Enfant, ses parents avaient cru que lui aussi serait pyrokinésiste. Il était évident que ce ne serait pas le cas, mais en attendant, il avait apprit à le connaître dans ses détails les plus intimes. Or, pour brûler, il fallait respecter une certaine recette. Et l'animal brûlait bien en présence d'un certain gaz. Gaz présent dans l'air. Ainsi, dans sa sphère, il faisait passer par le bas l'air, par le haut sortir le gaz produit, et qui ne pouvait pas brûler, tout en faisant entrer de temps à autre un ou deux oiseaux lorsque la flamme semblait sur le point de s'éteindre. L'un comme l'autre, il s'amusait bien. Et ca se voyait sur son visage.

-Je m'appelle Seth, et je vous donne un peu de lumière

Répondit-il finalement tandis qu'il faisait flotter sa sphère jusqu'à lui. La concentration que celle-ci lui demandait faisait que le vol de ses oiseaux était plus désordonné, moins fluide. Moins naturel. C'était un peu agaçant, mais on ne peut rien y faire. Les perfectionnistes sont condamnés à être insatisfaits. Toujours souriant à sa sphère à lui qu'il avait fait tout seul comme un grand, il attrapa une hirondelle de passage pour la détailler plus en détail maintenant qu'il avait de la lumière.

-Vous n'êtes pas claustrophobe j'espère...

Passer plusieurs heures en présence de quelqu'un en proie à la panique est déplaisant. Il devrait peut être l'assommer pour être plus tranquille...
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MessageSujet: Re: D'où l'art de compter le temps...   Dim 24 Oct - 19:15


La flamme de la lampe se mouvait à chaque souffle expiré par les deux jeunes hommes. La modeste lueur semblait danser de façon lancinante quasi hypnotique. Ses ombres se projetèrent sur les parois rocheuses mais aussi sur les visages des deux hommes. Cette obscurité empreinte de clarté éphémère rendait le lieu encore plus inquiétant. Une rudesse angoissante transparaissait des statues qui se détachaient des ténèbres. Ces êtres figés pour l’éternité semblaient s’animer à la lueur de la flamme... les anges qui entouraient les défunts étaient presque menaçants... et les cranes rappelaient que la crypte était réservée aux morts. Une odeur de renfermé mêlée à des fringances de moisissure flottait dans les airs... l’odeur de la mort sans doute. Manifestement ce lieu était en rien propice aux êtres vivants... trop glacial et surtout trop sombre... comme la mort.

~ ♣ ~
Malgré la pénombre, Sir Lamperouge fixait toute son attention sur son vis-à-vis. Ses yeux améthyste étaient légèrement plissés et emplis de méfiance. Il réussit néanmoins à discerner une esquisse de sourire chez son interlocuteur. Ce dernier semblait être amusé par les propos du jeune chevalier. Il conseilla à ce dernier de se rendre dans les profondeurs de la crypte... Avec un peu de chance il rencontrerait un ou plusieurs fantômes... Son humour quelque peu sarcastique déplut fortement à Lelouch. Ce dernier fronça les sourcils accentuant les expressions sévères de son visage. Il était hors de question pour lui de partir à la recherche de créatures qui n’existent pas... même pour passer le temps en attendant que la voie soit dégagée. Une quête chimérique était la dernière chose à laquelle Sir Lamperouge voulait s’atteler sur le moment. Mais l’inconnu avait touché du doigt un aspect intéressant de leur situation : les passages souterrains. Il était fréquent que les architectes dissimulent des sorties derrière certaine de leurs œuvres ! Il fallait juste trouver un indice. Le jeune chevalier était prêt à parier que cette crypte disposait d’une ou peut être plusieurs sorties donnant sur l’extérieur... peut être même le jardin. Voilà une quête qui intéressait le jeune homme. Il avait rapidement exclu l’idée d’être ‘’ secouru ‘’ par ses soldats... ces derniers étaient beaucoup trop lents à réagir pour organiser quoique ce soit en moins de deux heures. Il devait donc se débrouiller seul ou du moins avec son compagnon d’infortune. Ce dernier énonça une phrase pour le moins mystérieuse et emplie de non sens. Lelouch – surpris – dévisage son vis-à-vis.

« Que voulez vous dire ? »

Sir Lamperouge ne décryptait en aucune façon le sens des paroles de son vis-à-vis. Son sourire taquin ne laissa présager rien de bon au chevalier. Mais pourquoi diable parlait-il d’oiseaux maintenant ? Il ne devait certainement pas être saint d’esprit songea le Chevalier Céleste... Voilà pourquoi il était venu s’amuser dans les méandres de cette sainte crypte. Quelque peu interloqué le jeune homme essaya de deviner à quoi pouvait bien songer son interlocuteur. Ce dernier sembla se plonger dans une intense réflexion et fixait un point invisible dans les ténèbres. Soudain il reprit la parole et les choses se passèrent en quelque seconde. Sir Lamperouge était sur la défensive ne sachant pas ce que son compagnon d’infortune manigançait. La main libre du chevalier se referma sur la garde de son épée et il était prêt à faire usage de la force si l’inconnu se faisait menaçant. Une seconde s’écoula... Un bruissement de papier sembla se détacher de la cacophonie de ses congénères et une forme se dessina dans les ténèbres à mesure qu’elle se rapprochait de la lampe à huile. Comme un papillon attiré par la lueur de la flamme et voué à un funeste destin, la tourterelle en papier s’enflamma... mais ne se consuma pas pour autant entièrement. C’est ainsi que le chevalier compris où l’inconnu voulait en venir : il se créait une petite lampe bien à lui grâce à sa maitrise de l’air. Sir Lamperouge était forcé d’admettre que l’inconnu maitrisait son élément aussi bien que son incorrigible suborné James. Il semblait également aussi enfantin que ce dernier... Alors qu’un sourire amusé illuminait son visage, le jeune homme se présenta... Seth... un prénom fort original et peu commun. Néanmoins il était possible que cela ne soit pas sa véritable identité... Après tout le chevalier n’avait aucun moyen pour vérifier la véracité de ses dires. Une autre seconde s’écoula. Un soupire s’échappa des lèvres du soldat et ce dernier se relaxa légèrement.

« Je me nomme Lelouch... »

Inconscience ou stratégie ? Voilà une question intéressante... Même si la méfiance était toujours là, le chevalier avait décidé au dernier moment de donner son véritable prénom. Son nom quant à lui était superflu vu qu’il ne connaissait pas celui de Seth. Il fallait tout de même rester prudent... même si son nom actuel n’était pas son nom de naissance – qui aurait sans nulle doute surpris son compagnon – mais un nom d’emprunt, ce dernier était dorénavant connu dans le monde chevaleresque... et il devait sans doute figurer en bonne position sur la liste noire de la société secrète : l’Elite de Sammaël. Il ne connaissait rien du jeune homme. Ce dernier était peut être un mercenaire prêt à tout pour une récompense rondelette... Certes Seth n’avait rien de l’image du dangereux mercenaire mais sa maitrise de l’air faisait de lui un être potentiellement dangereux... Prudence est mère de sureté !

« ... et pour votre gouverne je ne suis pas claustrophobe. Vous n’avez pas à vous inquiéter de ce côté-là... de votre côté vous ne semblez pas souffrir de cette peur irrationnelle. »

Lelouch se retourna et commença à monter l’escalier de pierre. Il était préférable selon lui de remonter au niveau supérieur et commencer à chercher d’éventuelles sorties... dans le pire des cas ils y auraient un peu plus de lumière à ce niveau. Le chevalier se retourna et observa un instant son compagnon d’infortune.

« Nous devrions commencer nos recherches par la grande salle… il y a plus de lumière cela vous évitera de consumer vos oiseaux de papier et surtout d’économiser votre énergie. »

Sur ce le jeune homme s’empressa de gravir les marches. Il préférait s’éloigner au plus vite des profondeurs de la crypte. Il ne croyait pas aux fantômes et aux autres histoires folkloriques... mais la présence de la mort était quelque peu oppressante.

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Seth Dreamare
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MessageSujet: Re: D'où l'art de compter le temps...   Lun 25 Oct - 9:22

L'inconnu sans nom, mais visiblement toujours aussi énervé semblait ne pas apprécier son humour. Que voulez vous, on en a, ou on en a pas. Mais pour sa part, il faut avouer qu'il était plutôt tenté de continuer à le chercher et lui envoyer plein de petites piques, et ce pour le simple, et malsain plaisir, de l'agacer encore et encore. Ce n'est pas de sa faute. Lui, il ne demandait qu'à être tranquille dans sa crypte, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne en haut. Entre les morts et les vivants, il y en avait qui étaient bien plus fiables et reposants. Et il se trouvait que ce n'était pas ceux qui se voyaient animés. Donc oui, Seth était partie de son plein gré s'isoler dans ce lieu un tantinet effrayant qui sentait à plein nez la mort et les regrets, ainsi qu'une légère menace. Mais cette peur et ces regrets étaient des sentiments parfaitement humains. Pour les morts, il ne pouvait y avoir que la paix, le repos, et l'indifférence. Les émotions sont affaire de glandes. Or, une fois mort, et le corps tombé en poussière, que reste-il? Rien. Rien du tout. Et c'est tout aussi bien en fait. Seth ne voulait pas mourir. Il était incapable de dire pourquoi, ni comment, mais il se refusait à cette éventualité. Ca aurait été jouer le jeu de la facilité, certainement. Donc, en attendant, puisqu'il ne voulait pas mourir, il jouait. Il jouait avec le feu, avec les morts, avec le danger, avec la honte, et avec tout ce qui fait que la vie peut devenir un enfer. Mais un enfer amusant.

Ainsi, dans cette optique de tirer le diable par la queue, mais au moins le faire avec le sourire qui va de pair, il s’amusait à provoquer son interlocuteur. Oh, pas de manière bien méchante, juste de quoi ne pas tomber dans la monotonie. La pire des choses qui pourrait arriver en étant enfermé ici bas dans la quasi obscurité, ca serait bien de tomber dans l’ennui. L’esprit humain est bien plus propice à se créer des chimères et des monstres lorsqu’on s’ennuie que lorsqu’on est concentré sur quelque chose, ou qu’on essaie de percer un mystère. Que ce soit le secret des oiseaux, ou bien de sa santé mentale. Preuve en était de cette théorie abracadabrante de fantômes en plein milieu d’une messe ! Si la parole divine avait été captivante, on n’aurait jamais pu entendre le bruissement d’une malheureuse vingtaine d’oiseaux en papiers, et on n’aurait jamais pensé à des revenants « revenus » pour hanter les vivants. Pardon ? Sortir ? Oui, d’accord, on ne touche pas au divin, oui, promis. Mal, très mal. Voilà.

-Rien de plus que ce que je viens de dire…Sir. it-il d’un air sibyllin.

Il n’allait quand même pas révéler son tour avant même de l’avoir exécuté ! Ca aurait levé toute la magie de la chose. Seth lui avait donné du Sir par instinct. Il ne lui avait pas encore dit qui il était, mais vu ses manières, la facture de ses vêtements, et sa tendance à donner des ordres et regarder les inconnus comme un être, certes, menaçant, mais avant tout inférieur, il aurait été extrêmement surpris qu’on lui apprenne que l’inconnu était un petit et modeste membre du prolétariat. Surtout lorsque celui-ci se promenait avec une épée de telle qualité. Epée de commandement ça. Un capitaine ?
Il avait bien remarqué sa méfiance, et cette main posée sur sa garde, mais ne s’en était pas inquiété. Qui irait tuer le seul compagnon qu’on ait lorsqu’on est enfermé dans le noir avec des morts ? L’instinct grégaire de l’Homme ne cesse de faire des miracles. Et puis, pour lui, ca signifiait qu’il avait réussi à avoir pouvoir sur lui avec ses mots, même le temps d’une surprise. Pour lui, la maîtrise de l’air, avant d’être une science, et un objet de mort, se davait avant tout d’être de l’art. Comme toutes les autres maîtrises. C’était pour cela qu’il avait énormément de mal à tuer avec cet élément. C’était, à ses yeux, salir toute la beauté qui y existait. Il ne l’utilisait pas non plus, ou du moins très rarement, pour les tâches ménagères banales, et ce pour la même raison. Lorsqu’il tuait avec son élément, alors essayait-il de rendre son meurtre beau et poétique, de sorte à ce qu’une personne qui viendrait à passer par là se demande si au final, ce n’est pas un spectacle, une danse parée de théâtre qui était effectuée devant ses yeux. Mais le faire était complexe pour son esprit, et cela se répercutait pour son corps. En somme, rien de mieux que le fil d’un stylet planté en toute discrétion et efficacité dans un rein. Il suffisait parfois d’un simple passage, d’un sourire avenant, et d’un mouvement de poignet, et une vie pouvait alors s’ôter en plein milieu d’une foule sans que personne ne s’en rende compte. Mais à quoi bon penser meurtres maintenant ?! Ca ne servirait strictement à rien ! Seth secoua sa tête en se ramenant à la réalité faite de morts, et d’un vivant apparemment un tantinet acariâtre.

-Ravi de passer ces moments en votre présence, Sir Lelouch.

Ce nom parlait à sa mémoire. Il l’avait très probablement déjà entendu, sans doute déjà manipulé. Mais impossible de s’en souvenir avec clarté. Etais ce sur une liste d’exécution, ou simplement à la cour ? Qui pouvait le dire, n’est ce pas ? Quoi qu’il en soit, il se trouvait que le brun estimait que le Sir lui seyait à merveille, et que même si il se fourvoyait, ca restait quand même un bon moyen de le taquiner. Ne jamais oublier le rire et la taquinerie, c’est ce qui fait que l’Homme reste un Homme et non pas un animal.

Un léger rire lui échappa. Un rire froid, sans joie aucune, mais empli d’ironie. Un rire qui se répercuta, cristallin, sur les parois de la crypte, un rire qui dansa dans l’air, en fit frémir la consistance. C’était également pour cela que le brun aimait ces endroits. Tous les sons se voyant alors amplifiés, marqués, changés. Quoi de mieux que l’obscurité pour rendre son pouvoir à la lumière ?

- Toutes les peurs sont irrationnelles. C’est pour cette raison qu’il est si difficile de les conjurer.

Il hocha la tête en écoutant les arguments, somme toute assez censés, de son vis-à-vis. Certes, il était mieux en bas, car c’était un environnement qui lui était devenu plus familier, mais puisqu’il est question de trouver une sortie, et coopérer, on va mettre ses sentiments dans sa poche et poser son mouchoir dessus, ca fera du bien à tout le monde. Et puis, il avait entièrement raison quant à son énergie qui n’était, malheureusement d’ailleurs, pas inépuisable. Et puisqu’il ne savait toujours pas si Lelouch était un allié ou un ennemi, on ne va pas tenter le diable, il est déjà trop présent.

-Bien naturellement. Je pense qu’il va falloir chercher du côté des gisants les plus anciens…

Après tout, puisqu’on est sous terre, un passage souterrain, une porte dérobée, ou que sais-je encore, ca ne peut pas s’être construit subitement, et comme par magie il y a dix ans de cela lors de l’enterrement de l’avant dernier roi actuel. Il faut revenir aux origines de la crypte, et donc aux premiers gisants. Et oui, il réfléchit, mine de rien, le Seth. Maintenant arrivé dans la salle principale, il promenait son regard tout autour de lui, en cherchant des renfoncements rocheux, des aspérités spéciales, ou même une simple fissure dans les murs un peu trop rectiligne pour en être une.

- …Et les plus voyants… Mais ce n’est que mon avis.

Plus un système est complexe, plus il est placé en évidence, de sorte à ce que plus personne n’y fasse attention. Après, ce n’était que son point de vue, il n’engageait que lui. Le brun jeta un regard à sa « lampe ». Elle avait encore un quart d’heure à peu près avant qu’elle ne termine de se consumer.

-Au fait, vous sauriez l’heure ? J’avoue que dans la pénombre, j’ai totalement perdu le compte du temps.

Pourquoi cette information ? Pour rien, simplement pour mieux se situer par rapport au temps, et donc par rapport au reste des vivants. Ce n’étaient pas les morts qui allaient lui indiquer la sortie. Quoi que…
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MessageSujet: Re: D'où l'art de compter le temps...   Sam 29 Jan - 19:53


Les ténèbres des profondeurs de la crypte avaient cédé leur place à une étrange clarté... Néanmoins la lampe à huile que tenait le Chevalier Céleste était toujours forte utile... de même que la lampe de fortune de son compagne d’infortune... Ils étaient désormais dans une pièce circulaire creusée à même la roche et soutenue par de gigantesques colonnes ouvragées. Il y avait de nombreuses petites cavités abritant des ossements. Ces dernières étaient séparées à des intervalles réguliers par des cavités beaucoup plus grandes abritant des gisants. Ils semblaient moins austères et surtout moins menaçants que ceux se trouvant dans les profondeurs de la crypte… effet dû sans nul doute à la douce clarté qui régnait dans cette salle. Au sein de la caverne les sons se répercutaient de manière quasi infinie contre les parois rocheuses... Que ce soit le son des bottes qui martèlent la pierre ou encore le rire sans joie du jeune homme nommé Seth. Ce dernier – malgré ces airs de joyeux luron – semblait avoir déjà réfléchis à la question des passages souterrains et autres portes dérobées... Son avis sur la question était par ailleurs juste et des plus intéressants. Un léger sourire se dessina sur les lèvres du jeune chevalier. Ce dernier écouta avec attention les dires de son compagnon et commença à entrevoir les diverses possibilités. Seth avait raison ! Cette cathédrale était déjà vieille de plusieurs siècles... si un ou plusieurs passages secrets existaient, ils se trouvaient dans la crypte originelle... celle qui avait toujours été là... Mais où commencer les recherches ? Cette question semblait être aussi vaste que la grotte sacrée elle-même ! Il fallait trouver la sculpture la plus ancienne... celle datant approximativement de la période de la construction de la cathédrale. Il fallait trouver le gisant représentant le premier souverain ou le premier Saint qui avait était inhumé ici...

~ ♣ ~
Durant un court instant, Lelouch Lamperouge se demanda si l’option la plus sage n’était pas d’attendre les secours. Mais la réponse lui parvint à la seconde même où cette idée avait germé dans son esprit... Il en était totalement hors de question. On pouvait entendre des voix étouffées provenant de l’entrée de l’escalier obstruée... C’était sans doute ses soldats qui essayaient tant bien que mal de dégager le passage. Il leur faudrait de nombreuses heures... si ce n’est pas des jours... et le chevalier céleste ne souhaitait pas rester dans cette crypte une minute de plus ! Soudain son compagnon d’infortune lui demanda l’heure... Question qui troubla légèrement Lelouch. Ce dernier fouilla dans la poche de sa veste et en sortit une montre à gousset en or reliée à sa poche par une fine chaine. Son couvercle était pourvu de gravures ainsi que de motifs floraux ciselés à chaque extrémité et son centre était orné d’une fleur de lys. Le chevalier observa les fines aiguilles noires et referma le couvercle aussitôt. Il se retourna alors vers son compagnon en esquissant un léger sourire...

« Hey bien... dans quelques minutes il sera onze heure... »

Sur ce, le chevalier commença à inspecter les sculptures avec une extrême attention. Ses doigts caressèrent les pierres froides à la recherche d’une quelconque aspérité... essayant de percevoir un quelconque souffle pouvant provenir d’un passage dérobé. Ses yeux améthyste observèrent la flamme qui dansait faiblement… Il n’y avait pas le moindre indice indiquant une éventuelle sortie..... Ces sculptures étaient faites dans un seul bloc de marbre… Il n’y avait aucun mécanisme caché… Alors que le jeune homme continuait ses recherches il se décida à rompre le silence – qui était trop pesant à son goût – pour entamer une conversation de plus triviale... du moins en apparence.

« Que faite-vous dans la vie Monsieur Seth ? Vous semblez avoir beaucoup de temps libre... »

Une question en apparence simple... de son côté le jeune chevalier avait préparé une petite histoire au cas où le jeune homme lui retourne la question. Il était hors de question pour le moment de dévoiler qu’il faisait partie des Celestial Knights et de surcroit qu’il était un lieutenant de l’Ordre. Même si sa méfiance vis-à-vis de Seth avait nettement diminuée, le jeune homme devait tout de même rester vigilant... Ses yeux s’arrêtèrent un instant sur une sculpture représentant une jeune femme. Un voile sombre se déposa sur son visage. Cette statue de marbre été dotée d’une longue chevelure bouclée... Son visage laissait transparaitre une douceur infinie et maternelle. Un triste sourire se dessina sur les lèvres du jeune chevalier qui s’éloigna vers une autre sculpture. Soudain un « CRAC » sonore se répercuta sur les parois rocheuses en une myriade d’écho ! Sir Lamperouge se retourna de suite vers son compagnon et plongea ses yeux améthystes – traversés par un éclat de surprise – dans ceux de son vis-à-vis. Ce dernier venait de trouver un ancien mécanisme... Un pan du mur venait de s’ouvrir tout prêt du gisant représentant un ancien souverain. Un grand sourire illumina le visage du Chevalier Céleste. Son visage laissait en cet instant transparaitre sa jeunesse... Sir Lamperouge s’approche de Seth. Il lui adressa un sourire et tapota son épaule.

« Beau travail ! Il faut maintenant espérer qu’il s’agisse de notre porte de sortie... »

En observant l’ouverture, Lelouch constata que la porte dérobée donnait sur une sorte de tunnel sombre. On pouvait discerner de grandes toiles d’araignée où s’accumuler une épaisse couche de poussière. Une brise légère traversa la salle circulaire pour s’engouffrer dans le passage souterrain. Lelouch jeta un coup d’œil à son compagnon d’aventure. Son visage était redevenu sérieux. Mieux valait rester prudent... les architectes avaient peut-être dissimulé des pièges à certains endroit...

« Je vais passer devant et ouvrir la marche si vous le voulez bien... »

Sans attendre la réponse de son compagnon, le jeune homme passa à travers la porte dérobée. Il prit son épée toujours sagement rangée dans son fourreau et se débarrassa des grandes toiles qui leur barraient la route. Il s’arrêta un instant et se retourna vers l’entrée du passage pour faire signe à Seth que la voie était libre...

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Seth Dreamare
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MessageSujet: Re: D'où l'art de compter le temps...   Dim 30 Jan - 14:13

Seth avait hoché simplement la tête pour le remercier quand il lui avait donné l’heure sans piper mot. La montre lui avait donné plusieurs indications. Premièrement, il était bel et bien noble, ensuite c’était un noble riche, puis, finalement, peut être rattaché à la famille royale. Il n’y en a pas beaucoup qui ont une fleur de lys rattachée sur leurs blasons, et tous sont de sang royal. Et un noble ne peut être qu’au courant de ces codes, ainsi si jamais on le prend en plein flagrant délit de « contrefaçons », on peut être sûr que soit il se fera taper sur les doigts, soit il sera sujet à moqueries pendant un petit temps. Pour la famille royale, il ne s’y attendait pas, mais la noblesse de son compagnon d’infortune, ca, c’était une autre affaire. Enfin, c’est toujours bon à savoir qui est qui. Surtout quand on est enfermé avec ce qui.

Le silence s’était réinstallé, laissant le deux à nos deux compères de chercher un mécanisme secret pour partir de cette crypte que certains estimaient secrète simplement parce que leur obscurantisme primaire et leurs superstitions inutiles leur disaient de ne pas s’y rendre. Un lieu hanté juste en dessous d’une cathédrale, on aura tout vu, décidemment. Ca serait comme de dire que le chef de l’Elite de Samael était en réalité le roi du royaume de Gaia. Stupide, contradictoire, et pourtant, il y a toujours des crédules pour l’affirmer. Pour sa part, Seth maintenait que le danger ne venait pas des morts, mais bel et bien des vivants. Un mort, ca peut vous terrifier, à la limite vous posséder, et encore. Mais un être vivant, ca massacre sans raisons, ca pille, ca viole et ca torture, parfois pour le simple plaisir de réduire une vie à néant. Et on ose prétendre que les morts sont mauvais ? Il y a des morts qui mériteraient d’être vivants, et des vivants qui seraient meilleurs morts, voilà tout.
La question de son compagnon d’infortune le tira de ses pensées qui allaient en s’obscurcissant au fur et à mesure qu’elles avançaient. Sans doute que petit à petit l’ambiance des lieux déteignait sur son humeur. C’était parfaitement plausible. Tenez longtemps compagnie à la mort, l’obscurité et la poussière et la première chose que vous ferez ne sera pas de parler de la dernière fête du village à laquelle vous avez prit part.

Il prit le temps de réfléchir à ce qu’il allait dire. Toujours se méfier de tout le monde, y comprit de soi même et de ce qu’on pouvait raconter était épuisant, mais à force de nager dans le mensonge et la tromperie, ca finissait par devenir une part de vous-même. Ca l’énervait et le désespérait, mais il savait que c’était le prix à payer pour ce qu’il faisait. Il avait perdu son innocence, maintenant il perdait une partie de son âme. Et il continuerait jusqu’à ce qu’enfin il perde la vie.

- Je suis un sycophante professionnel, flagorneur de mon état et adorateur des chaussures des plus grands que moi.

En un mot comme en cent, il était courtisan. Il aurait sans doute préféré faire autre chose, mais vu son physique et ses compétences, il n’avait d’autre choix que de travailler comme récupérateur d’informations dans un premier temps, assassin sournois et discret dans un deuxième. C’était bien parce qu’il y avait le deuxième temps qu’il s’exécutait du premier presque sans broncher. Presque, hein. Il lui arrivait souvent de péter un câble et s’enfermer dans son appartement, résolument seul et ne pas donner signe de vie pendant une semaine. Ayant l’air fragile, l’excuse de la maladie était plausible à la cour, et on lui lâchait la grappe.

- Et vous ?

Puisque l’un avait eu la curiosité de demander, autant lui renvoyer l’ascenseur, même si ces engins pourtant forts pratiques à l’Homme n’ont pas encore été inventés, ce qui est fort dommage d’ailleurs. Il manqua de lâcher un léger hoquet surprit lorsque sa main enfonça le carreau, et s’enfonça au passage avec, sur lequel elle s’était posée. Par réflexe, il s’était vivement reculé et regardait le grand abîme béant en face de lui d’où exsudaient des relents de vieux, de poussière et de moisissure. Bref, très encourageant. Ca devait vouloir dire qu’ils étaient sur la bonne voie.

Il hocha la tête et le laissa passer devant. Si il voulait jouer les chevaliers protecteurs, grand bien lui en ferait. Il se frapperait les araignées tout seul. Seth n’était pas arachnophobe, mais il fallait avouer qu’il exécrait avoir une bestiole de la taille de son poing grouiller sur son corps. Il en avait horreur, et envie de vomir à la simple pensée.

- Je vous en prie, faites donc. Si je vous vois tomber dans un gouffre, je saurais que ce n’était pas la bonne route.

Un sourire ironique avait étiré ses traits tandis qu’il s’engouffrait dans le tunnel. Une pensée ma foi fort agréable illumina subitement son humeur et il éclata de rire. Contrairement à l’autre, il était bien plus sincère celui-ci. Moqueur également.

- Vos soldtas vont faire une attaque en voyant la crypte vide !

Sans doute penseraient-ils que les fantômes avaient dévoré le pauvre petit Lelouch. En pensant à leur panique, il se mordit la lèvre pour ne pas se remettre à rire.
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MessageSujet: Re: D'où l'art de compter le temps...   Jeu 17 Fév - 17:45


Un souffle régulier parcourait le tunnel sombre comme une respiration profonde et inquiétante. La flamme de la lampe à huile dansait au même rythme que ce souffle étrange qui balayait avec douceur la poussière au sol. Seth lança une réplique pour le moins mordante avant de rejoigne le jeune chevalier. Ce dernier inspectait les lieux : le tunnel était construit avec les mêmes pierres que la crypte et par endroit la roche naturelle transparaissait. Son plafond - en forme de voûte - était assez haut pour permettre aux deux jeunes hommes de se tenir debout... Un sourire amusé voleta sur les lèvres du chevalier durant quelques secondes comme une réponse au sourire quelque peu ironique de son compagnon. Soudain un rire clair et moqueur s’éleva dans les airs en tourbillonnant comme une douce mélodie. Lelouch Lamperouge observa un instant le jeune homme quelque peu interloqué. Que pouvait-il trouver de drôle dans leur situation. Ses sourcils sombres se soulevèrent en une expression d’interrogation... Mais tout devint limpide lorsque le rire de Seth s’estompa, remplacé par sa voix légèrement grave. Un sourire sombre presque diabolique étira les lèvres de Sir Lamperouge. Après quelques secondes de silence, un rire s’échappa de ses lèvres. C’était un rire discret et retenu... un signe de son éducation passé et présente... sans doute.

« Vous avez sans doute raison... et imaginez leur expression quand je débarquerais derrière eux pour les sermonner ! Ils ne perdent rien pour attendre... - le jeune noble soupira - Mais avant tout nous devons sortir de cette crypte. Avançons... nous verrons bien où mène ce tunnel... »

Sur ce le jeune chevalier ouvrit la marche comme précédemment. Il était quelque peu soulagé que la progression soit aussi aisée… mais il fallait rester méfiant... le sol pouvait se dérobée sous leurs pas où la voûte pouvait s’écrouler... Il y avait des toiles d’araignée de-ci de-là mais ce qui prédominait le plus était la poussière et les relents de moisissures. Alors qu’ils avançaient dans le sombre tunnel, le chevalier se souvint qu’il n’avait pas répondu à la question de son compagnon... ayant été quelque peu interrompu par la découverte du passage dérobé. Seul le son de leur pas résonnait contre les murs. Sir Lamperouge avait murement réfléchit à la question... il ne restait plus qu’à faire en sorte que son corps ne trahissent pas ses mensonges. Même si un individu est un excellent menteur – entendez par la que le mensonge lui vient naturellement – son corps trahira souvent pour ne pas dire toujours ses véritables émotions. Il y a des signes qui ne trompent pas : la main qu’on passe dans ses cheveux ou derrière sa nuque, le nombre croisant de changement de position ou encore la diminution de la gestuelle des mains pour illustrer nos propos... Une multitude de signe qui révèle nos mensonges ! Mais personne ne peut vivre sans mentir une seule fois au cours de sa vie... à moins d’être un Saint ! Mais Lelouch n’en était pas un loin de là. Le jeune noble était devenu un maître du mensonge et de la dissimulation de ses expressions... Il faut dire qu’il avait été obligé de mentir très tôt pour survivre et protéger sa sœur cadette. Mais étrangement cette dernière était la seule personne avec qui il se montrait sincère. Sir Lamperouge dégageait le passage quand cela était nécessaire. Alors qu’il entreprenait de mettre fin au court silence, il ne s’arrêta pas... il continuait sa marche de manière naturelle.

« ... pour en revenir à notre conversation précédente... Je suis un membre de la noblesse mais ça vous deviez vous en douter... rire amuséIl m’arrive comme aujourd’hui d’être appelé à aider la communauté. Sinon ma vie se résume à celle de tous nobles... ordonner mon domaine, faire du mécénat et participer à des bals… Un noble parmi tant d’autres... »

Un sourire quelque peu forcé étira les lèvres du chevalier. Soudain il se souvint du métier de son compagnon... et le chevalier était quelque peu mal à l’aise. Seth était un courtisan. Lelouch se demanda si le jeune homme faisait partie de l’entourage du souverain ?!... Impossible... sinon Lelouch l’aurait déjà vu ou du moins aperçu à la cours. Alors il devait être proche d’un ou plusieurs nobles… auquel cas il était normal que Lelouch ne le connaissent pas. La noblesse gaïenne avait en générale une assez mauvaise opinion du jeune chevalier : trop fière et trop jeune pour faire partie de l’Ordre et de surcroit être lieutenant. Mais ce dernier n’était pas en reste en évitant le plus possible les réunions mondaines et leur hypocrisie. Lelouch savait qu’il y avait plusieurs sortes de courtisans… les nobles qui se complaisent à lancer des fleurs à la famille royales ou à des nobles de rang supérieur... et les autres courtisans... Mais ils auraient été inconvenants de demander à Seth dans quelle catégorie il se situait... et Lelouch aurait été bien mal à l’aise si le jeune homme faisait partie de la deuxième catégorie. Après tout Seth aurait pu voir en lui une proie idéale...

~ ♣ ~
Le tunnel semblait être plus large au fils de leur progression. Les deux jeunes hommes arrivèrent à un carrefour. Une grimace de mécontentement obscurcie le visage du chevalier. Il y avait trois possibilités... une chance sur trois de trouver la sortie... ou pas !

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MessageSujet: Re: D'où l'art de compter le temps...   Jeu 17 Fév - 20:41

Cela avait un petit peu rassuré Seth d’entendre le rire de son confrère d’obscurité. Non pas que tout à coup il se dise qu’il n’a plus qu’à se promener bras dessus, bras dessous avec lui en parlant des déboires délicieuses de leurs enfances respectives, mais l’entendre rire montrait qu’il était déjà assez humain pour ca. Le rire est une chose spécifique à l’homme, et si on rit, on ne peut rire que d’une chose à cause humaine. Un chat peut amuser, mais c’est parce qu’il rappelle le pataud des humains par moments, rien de plus. Doucement, il avait alors incliné la tête en signe d’assertion.

- Oui, cherchons, puis faisons nous aussi discrets que des chats pour voir leurs cheveux blanchir et se dresser sur leurs têtes.

Seth n’aimait pas les soldats. Peut être était ce une déformation personnelle, mais il ne pouvait s’empêcher de les trouver patauds, bruyants, lourds et guère futés. Autant dire qu’il y avait énormément d’éléments à charge. Et que lui prenait un malin plaisir à les tourmenter un petit peu quand il pouvait le faire sans se faire prendre lui-même en retour.
Au fur et à mesure de leur progression, la lame noire se persuadait de plus en plus de la vanité de toute salle de torture. C’était risquer de perdre le torturer inutilement, et c’était surtout dépenser des sommes faramineuses en outils de tortures, dans le salaire des bourreaux également – de vrais voleurs, je vous le dit ! -, et ne parlons pas des frais de nettoyage ! Les nettoyeurs assignés aux cachots exigeaient le double d’un salaire moyen simplement parce qu’ils avaient à nettoyer était, selon eux, dégradant, horrible, propre à créer des traumatismes, bref, il fallait des compensations financières pour leur faire oublier tous leurs soucis. Et surtout payer leur silence pour qu’ils ne disent pas qui est passé dans une vierge de fer, et ce qu’il a pu en raconter à sa sortie. Autant dire que le budget torture était tout de même assez costaud quand on y réfléchissait correctement, et que somme toute en se montrant un tantinet imaginatif, c’était un gouffre financier qu’il eût été facile à éviter. Pourquoi ? Comment un tel miracle ? Et bien ce n’était pas compliqué du tout. Prenez des jolies catacombes… Celles-ci par exemple, tiens. Attrapez ensuite par la peau des fesses parce que ca fait plus mal un malfrat à faire parler, enfermez le dans ces étroits couloirs sans eau, nourriture, air frais et lumière, avec pour seuls compagnons que ses angoisses, sa solitude et les chuchotis du vent, et les cliquetis des pattes des animaux vivant dans cette obscurité, et foi de Seth, le malfrat pleurera sa mère et parlera en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « JE SUIS TON PEEEEEERE » avec l’accent qui va avec !

Bref, Seth s’était perdu dans ses pensées, et on peut même dire qu’il était partit très très très loin dedans, et même ailleurs tout en restant étrangement assez dans ces lieux, peut être un petit peu trop d’ailleurs, et c’était ce qu’on lui reprochait bien, lorsque la voix du petit seigneur le tira de ses considérations à haute portée économique et sociale. Les défenseurs de la convention de Genève qui n’existait pas encore l’époque n’auraient de cesse de le féliciter pour son avant-gardisme humaniste.

Encore un petit peu égaré, il répondit distraitement, sans trop se rendre compte qu’il y avait des paroles à ne pas prononcer tout de même si on tenait à rester tranquille sans se faire embêter par plus puissant que soi.

- Le sang royal distingue des autres nobles tout de même…

Son expression n’avait pas changé d’un iota alors qu’il se rendait compte de ce qu’il avait tout de même laissé entendre. Si il ne lui avait pas dit, c’était qu’il ne voulait pas qu’il le sache. Qu’il l’ait su quand même, ca, c’était prévisible, quelle idée d’avoir une fleur de lys dans ses armoiries… Mais quand même. Lui annoncer « et ben non, je le sais quand même, t’es pas doué », c’était pas le top diplomatique, loin de là même. Il se mordit ainsi la lèvre en se traitant, intérieurement, de tous les noms de la terre.

Dans une volonté d’évitement des conflits, il resta coi jusqu’à arriver finalement au carrefour.

- C’est malin… On va par où…

Il réfléchissait. Trois choix… Un coup à faire à pile ou face ca… Mais y en avait trois. Il faudrait une pièce à trois faces alors. A moins que… Le brun approcha sa torche de fortune des trois entrées. Celle de droite, d’abord. La flamme resta indifférente. Celle du milieu, idem. Mais celle de gauche, par contre, les flammes vacillèrent vers eux avant de partir dans le sens inverse. De ce côté, il y avait une circulation d’air.

- De l’air arrive par là, visiblement. On devrait essayer…

Bien évidemment, il se gardait bien de prendre les devants. De ce fait, le noble ne se sentirait pas lésé d’un quelconque pouvoir qui lui ferait défaut, et en cas d’erreur, on ne pourrait s’en prendre qu’à celui qui avait prit la direction des opérations.
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Lelouch Lamperouge
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MessageSujet: Re: D'où l'art de compter le temps...   Mar 5 Avr - 17:14

La réplique de Seth déboussola quelque peu le jeune chevalier. Ce dernier s’était attendu à toutes sortes de réactions de la part de son compagnon mais en aucun cas à cette dernière. Ses sourcils relevés en signe de surprise se rabaissèrent rapide et un étrange sourire voleta sur son visage... de l’amusement teinté de tristesse ?! Sans doute... Toujours est-il que le jeune homme laissa son compagnon à ses réflexions. Ce dernier semblait être plongée dans ses pensée et ce depuis un long moment déjà... Sa voix se manifesta à nouveau devant leur nouveau dilemme. Un silence de plomb régnait alors que les deux jeunes hommes réfléchissaient pour trouver une solution. Trois passages… en toute logique trois choix aux conséquences différentes ! Sur ce point le chevalier en était sûr et certain. Tous les grands monuments étaient reliés les uns aux autres... Un passage souterrain devait sans nul doute relier le château Ouranos à la Cathédrale. Une sortie de secoure en somme. Il devait également y avoir un passage menant directement à l’extérieur de la Cathédrale peut-être même à l’extérieur de la Ville... la troisième option était un véritable mystère. Un labyrinthe construit par les architectes afin que les profanes et de surcroit les ennemis de la couronne se perdent à jamais ? Voilà une bien sombre idée mais qui à toute sa place dans la triste réalité des deux hommes. Seth s’empara de sa lampe "artisanale" et scruta les trois passages ainsi que la flamme immobile. Cette dernière vacilla légèrement quand le jeune homme se posta face au tunnel à sa gauche. Un sourire en coin étira les lèvres de Lelouch.

« Qui ne tente rien n’a rien après tout ! Nous verrons bien où cette aventure nous mène... »

Un rire sombre et sans joie s’échappa des lèvres du chevalier. Il retrouva rapidement son sérieux. Sa main rengaina son épée puis s’empara de sa dague. Avec la pointe de la lame il grava un X dans la roche près du tunnel... Ainsi ils seraient en mesure de retrouver leur chemin. Sur ce Lelouch ranger son arme et s’engouffra dans le sombre tunnel. A nouveau le boyau était exigu et ne laissait guère de place pour marcher côte à côte.

~ ♣ ~
Ils marchaient depuis de longues minutes... peut être même une heure. Aucun des deux hommes ne parlait... se contentant de poser un pied devant l’autre pour avancer le plus rapidement possible. Alors que le chevalier laissa échapper un soupire lasse, le tunnel était soudainement plus large et surtout moins sombre. Finalement la galerie déboucha sur une pièce circulaire. Juste en face se trouvait semble-t-il une porte en métal... Lelouch Lamperouge se dirigea à grands pas vers cette dernière. Sa main gauche caressa la surface lisse et froide à la recherche de la poignée. Il approcha sa lampe à huile de la porte et se recula de quelque pas... Ses sourcils se froncèrent alors que son visage était emprunt de mécontentement et de colère ! Il n’y avait aucune poignée... absolument rien...

« C’est une issue à sens unique... elle ne s’ouvre que de l’autre côté ! »

Sir Lamperouge observa la porte un instant la mine sombre. Quoi de plus logique... Cette porte devait vraisemblablement mener au palais royal. Une issue construite en cas de siège du château Ouranos. Une voie à sens unique. Après avoir marmonné quelques paroles incompréhensibles, le Chevalier Céleste revient vers son compagnon.

« Nous devrions nous reposer quelques minutes... »

Sur ce le jeune homme posa sa lampe au sol et s’adossa à la paroi rocheuse. Il croisa ses bras et fit mine de réfléchir... Lelouch resta ainsi de longues secondes. Quelque chose était illogique dans cette histoire. Un peu plus tôt Seth avait clairement vu la flamme de sa lampe vaciller. C’était là un évènement physiquement impossible avec cette porte hermétiquement close. Il devait exister un passage... une autre sortie...

« Je crois que nous ne serons pas rentrés pour le déjeuner. Votre famille va sans doute s’inquiéter... »

Les yeux améthyste de Lelouch fixaient ceux de son compagnon. Aux vues de la situation il était préférable de discuter plutôt que de se terrer dans un silence mortuaire qui se prêter trop bien au sombre lieu. Mais le chevalier ne voulait pas seulement discuter pour faire passer le temps... il voulait faire plus ample connaissance avec le dénommé Seth. Après tout il ne savait que peu de chose sur ce dernier : un prénom et une activité qui mettait Lelouch mal à l’aise... Seth semblait être peu enclin à parler de lui-même. Il était peut-être timide... ou alors il souhaitait dissimuler les cadavres qui dormaient dans ses placards...

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: D'où l'art de compter le temps...   Mar 5 Avr - 21:23

Et bien voilà, le cap avait été décidé. D'un côté, c'est assez rassurant, parce que de fait, même perdu on a tout de même un endroit vers où aller, mais en même temps, ca lui donnait une petite boule d'angoisse dans le ventre car de ce fait, il n'était maintenant plus possible de faire marche arrière. Et que si jamais ils se trompaient lourdement sur le chemin à emprunter, les circonstances seraient alors peut être terribles. Après tout, il ne faut jamais sous-estimer l'intelligence, mais surtout le génie maléfique d'un homme qui toute sa journée durant fait des calculs alambiqués et des projets fumeux pour empiler quatre pierres et faire en sortes qu'elles tiennent soudées les unes aux autres le plus longtemps possible.

Si le bruit de l'acier crissant contre le mur avait désagréablement agacé ses gencives, il n'en avait pas pour autant désapprouvé l'initiative. Noble peut être, mais semblait-il avoir conservé un minimum de sens pratique commun au commun des mortels et foutrement apprécié lorsque le besoin s'en fait sentir. Le noble, il gagne un point dans l'estime de la lame noire.

Ils avaient donc reprit leur chemin jusqu'à arriver... A une voie sans issue. Manquait plus que ca, quelle chance! Il poussa un soupir qu'un ne tenta même pas de cacher en se disant qu'ils n'étaient franchement pas sortis de l'auberge... ou du chemin, tout dépend du point de vue. Quoi qu'il en soit, ils étaient dedans, et visiblement encore pour un petit moment.

- Ca ne serait pas du luxe en effet. A tête reposée on verra peut être un détail qui nous avait échappé.

Et joignant le geste à la parole, voilà qu'il s'était appuyé contre un mur et s'y était laissé glissé jusqu'à que ce son postérieur fourbu (d'avoir marché, hein, je vous sens venir) rencontre le sol et y reste. La mine fermée, il regardait voler autour de lui sa torche faite maison qui n'allait visiblement pas tarder à rendre l'âme. Pas grave, des feuilles, il en a encore plein. Et du temps visiblement.

La remarque de son compagnon involontaire d'enfermement lui arracha un léger éclat de rire. Le genre de rires grinçants qui ne portent en aux aucune joie, simplement de l'ironie, et un fond de solitude bien dissimulé. Dans l'obscurité, tous les apparats et les mensonges du jour et de ses fastes disparaissent peu à peu pour ne laisse plus place qu'à la vérité dépouillée de tout artifice.

- Ma famille ne m'attendra plus jamais ailleurs que dans la longue file des âmes de l'Erebe.

Il aurait du les rejoindre, d'ailleurs, si seulement on ne l'avait pas laissé pour mort dépouillé de tout et même de son innocence sur le bas côté de la route. Et si seulement Silk n'était pas passé par là pour le tirer de l'étreinte de la mort qui se faisait de minute en minute plus pesante. Mais il exagérait. Il existait bien des cousins suffisament éloignés pour que seule une généalogie détaillée les lui montre. Et parmi eux, l'un d'entre eux avec son cul vissé sur le trône de ce pays, si c'est pas fantastique.

- Mais je crains qu'ils ne doivent attendre avant que je ne les aide à nourrir les vers...

Silencieusement, il regardait les volutes de fumée se dégager de plus en plus de sa torche vivant son dernier holocauste. La bulle qui enfermait cette fragile flamme se remplissait de plus en plus de fumée sans qu'il ne la dégage, à mesure qu'une idée faisait son chemin dans son esprit. Il reprit la parole en même temps que la combustion de son papier et nouvellement morceau de cendre s'achevait.

- Et vous, votre famille de soldats doit certainement mourir d'inquiétude en pleurant sur leur solde qui s'envole. L'Etat vous les a-t-il tous prit, ou bien en reste-il encore quelques uns qui pleureront l'Homme et non pas le titre lorsque la disparition sera officielle?

A mesure que les ténèbres se renfermaient sur eux, ceux qui vivaient à présent dans ceux de la lame noire sortaient et se permettaient de s'exprimer librement. Lui, la politique avait fait qu'une pauvre famille de nobles de campagne s'était fait massacrer jusqu'au dernier, ou presque puisque ca avait foiré, pour l'obscure raison de la machine politique, au nom d'une place dans la liste de succession. On s'étonne qu'on ne croie plus en l'Etat à présent.

- Quand tout a brûlé, que reste-il sinon des cendres et un arrière goût désagréable sur la langue?

Un léger rire avait ponctué cette interrogation qu'il se posait plus à lui même qu'au petit noble assis à côté de lui. Subitement, comme une bulle de savon, cette sphère grisâtre faite de fumée éclata, libérant son contenu qui alors dériva faiblement, portée par un courant d'air provenant du mur à leur droite.

- Je crois qu'on a retrouvé notre porte.

Les architectes sont des salauds. Ils aiment donner des faux espoirs en dissimulant le vrai juste à côté.
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